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Musée d’ethnographie de Neuchâtel


Musée d'ethnographie de Neuchâtel photo hobby place

Musée d’ethnographie de Neuchâtel

AFRIQUE

Les collections africaines sont composées de plus de 20’000 unités d’inventaires historiques et contemporaines.

Elles comprennent, chronologiquement, des séries d’Afrique méridionale et orientale datant de la fin du XIXe siècle, près de 4’000 pièces d’Angola de l’entre-deux-guerres rapportées principalement par la seconde mission scientifique suisse en Angola, et un large matériel saharien et sahélien (Maures et Touaregs notamment) de l’après-guerre à nos jours.

A cela s’ajoute plus d’un millier de pièces du bassin de l’Ogooué (Gabon), parmi lesquelles un célèbre Biéri fang et trois masques acquis grâce au Docteur Albert Schweitzer. Depuis la fin du XIXe siècle, des missionnaires envoyés en Afrique australe par la Mission romande ont fourni au Musée des pièces richement documentées.

AMÉRIQUE

Avec ses trois subdivisions bien tranchées, Amérique du Nord (incluant les Régions arctiques, y compris le Groenland), Amérique centrale et Amérique du Sud, le Nouveau Monde est représenté au Musée d’ethnographie de Neuchâtel par quelque 3000 objets.

L’Amérique du Nord et les Régions arctiques se partagent quelque 700 objets.

La première comprend, par les apports de Charles Daniel de Meuron, des pièces rares du XVIIIe siècle: un panier décoré au tressage serré des Esquimaux du Pacifique et une maquette de bateau d’écorce avec personnages, datée d’avant 1799 et fabriquée par de jeunes Indiens de la région de Trois-Rivières.

Les Indiens des Plaines et de la Côte Nord-Ouest font partie de la riche collection des frères Borel donnée en 1882; des objets Sioux relatifs au Ghost Dance ont été achetés en 1895 à un émule de Buffalo Bill, George Dodane dit Jo des Lions, à l’occasion de sa tournée d’expositions en Europe. Enfin, 40 pièces des Haïda, Tlingit et Hopi proviennent de Henri Seyrig, dont onze kacina anciens.

Le Musée ne possède que 300 pièces de Méso-Amérique; témoins de l’Amérique précolombienne et objets manufacturés du XXe siècle ou plus récents, ressortissant souvent à l’art populaire, tant du Mexique que du Guatemala. Il a acquis en 1993 un ensemble de personnages presque grandeur nature en papier mâché de la famille Linares réalisés après le grand tremblement de terre de Mexicó.

La partie incontestablement la plus fournie est l’Amérique du Sud avec près de 2000 objets, se partageant entre l’Amazonie et les Andes.

De Guyane proviennent, par Charles Daniel de Meuron toujours, de rares objets datables d’entre 1756 et 1758; de même provenance, un diorama signé G. Schouten et daté de 1834; en 1900, des modèles réduits de Surinam offerts par Georges Dubois.

Dès le début du XIXe siècle, des vêtements, tissages et armes permettent d’évoquer le Brésil (collections Henri Borel, Léo DuPasquier, Alfred Berthoud-Coulon, Bellenot, A. Born) et peut-être son aspect touristique déjà par quelques souvenirs de James-Ferdinand de Pury.

Ce fonds sera complété en 1972 par la collection Yukuna de Pierre-Yves Jacopin et à la fin du XXe siècle par des objets des Enauene-Naue et des Erikpactsa. Le plus bel ensemble de plumasserie est un costume complet des Mundurucu recueilli en 1853 à Sentarèm.

Quant aux hauts-plateaux, ils sont illustrés dès la fin du XIXe siècle par les dons de Benjamin Schwob, représentant Suchard dans ces régions, de Frédéric Carbonnier qui comportent de beaux bijoux araucans. Concernant spécifiquement les Quéchua, l’important matériel qu’avait recueilli avant la première guerre Ernest Godet peut se comparer avec les collections Odile Jéquier et celle de Jean Louis Christinat.

Bien présentes sont la poterie précolombienne, ainsi que les bijoux en or. Un lot de pièces rappelle le souvenir du grand américaniste Alfred Métraux. Enfin, à côté de rares témoins des Fuégiens du XVIIIe et du début du XIXe siècle, des documents de Robert Ponson, Frédéric Carbonnier et les résultats des expéditions tant archéologiques qu’ethnographiques du Docteur François Machon évoquent la pointe extrême du continent.

ARCTIQUE

Parmi d’autres, les collections arctiques du Musée d’ethnographie de Neuchâtel doivent leur expansion et leur spécificité à l’esprit d’entreprise de Charles Knapp, son conservateur au début du siècle. L’inventaire global en a été établi en 1988 par Yvon Csonka.

Les peuples esquimaux-aléoutes sont représentés au Musée par 331 objets (dont cinq indéterminés) issus de presque toutes les régions qu’ils habitent.

Sont représentés plus spécialement le nord-ouest de la baie d’Hudson au Canada, l’Arctique occidental, qui comprend l’Alaska et les îles Aléoutiennes, s’étendant par convention de l’extrême est de la Sibérie au delta du fleuve McKenzie en territoire canadien, et l’Arctique oriental, soit le Labrador et le Groenland.

EUROPE

A l’inverse de leurs homologues suisses allemands, qui opposent la «Volkskunde» à la «Völkerkunde», les musées d’ethnographie romands ont également inclus dans leurs collections des objets de folklore (ou d’art populaire).

Neuchâtel n’avait pendant longtemps guère développé ce secteur – à sa retraite, Théodore Delachaux n’avait inventorié que 24 objets sur les quelque 400 que co­mptait alors le fonds.

Pourtant, c’est à travers la collection de jouets de près de 2000 unités (dont 1575 concernant l’Europe), réunie par celui-ci et acquise de justesse en 1950, que cette partie du fonds a fait un bond soudain.

L’élan s’est poursuivi grâce aux apports de différents pays de l’ex-Europe de l’Est suscités par plusieurs expositions de Jean Gabus entre 1960 et 1970 environ. A partir de 1984 (Objets prétextes, objets manipulés), les produits courants de la technologie industrielle acquis pour les besoins des expositions temporaires, qui jusqu’alors étaient considérés comme de la «décoration» mais non comme des «objets de collection», ont commencé à y être intégrés.

ANTIQUITÉS ÉGYPTIENNES

En 1800 apparaît dans les collections neuchâteloises le premier objet égyptien. Il s’agit d’une momie d’Ibis offerte par le général Charles Daniel de Meuron. Durant le 19e siècle, les dons de James Alexandre de Pourtalès et Guillaume de Perregaux viennent enrichir les collections avec notamment la momie de Nakht-ta-Netjeret, gardien de la porte du temple de Mout à Karnak, accompagnée d’une cuve et d’un couvercle de sarcophage datant tous les trois de la 21e dynastie et provenant de la région thébaine. En 1894, le khédive d’Égypte offre à la Confédération plusieurs sarcophages découverts à Bab el-Gasus dans la deuxième cachette de Deir el-Bahari qui renfermait 153 sarcophages des membres du clergé d’Amon. Quatre d’entre eux seront répartis dans différents musées suisses : le musée de Neuchâtel reçoit à cet effet le sarcophage double de Nes-Mout.

Dans les années 1890, l’égyptologue neuchâtelois Gustave Jéquier (1868-1946), qui débute sa carrière d’archéologue sur les sites préhistoriques égyptiens avec Jacques de Morgan, directeur du Service des antiquités et des musées en Égypte, ramène de nombreux objets (lithiques et céramique) qui complètent cette petite collection d’antiquités égyptiennes au Musée historique de Neuchâtel.

En 1926, Gustave Jéquier, qui est membre de la commission du Musée d’ethnographie dès 1915, fait déplacer ces objets égyptiens et les expose dans le hall d’entrée de la Villa de Pury. Il va dès lors développer progressivement cette collection, dont il acquière l’essentiel par le biais du Service des antiquités de l’Égypte. Durant douze années successives, il effectuera des fouilles dans la nécropole memphite de Saqqara aux environs de la pyramide de Pepi II, souverain de la 6e dynastie, et ramènera à chacun de ses retours en Suisse, des objets provenant de ses propres fouilles, de celles de ses collègues ou les achètera auprès de marchands d’antiquités au Caire. Une série de statuettes en bois datant pour la plupart du Moyen Empire contribuèrent considérablement à la renommée de la collection du Musée.

La particularité de la présence de cette collection d’antiquités égyptiennes au Musée d’ethnographie de Neuchâtel est intimement liée à la personne de Gustave Jéquier qui a tenu un rôle considérable dans l’histoire de l’institution. Son regard d’égyptologue a permis l’élaboration d’un ensemble cohérent couvrant les grandes périodes historiques de l’Égypte ancienne, qui, depuis 1926, garda sa place dans les salles d’expositions permanentes du rez-de-chaussée de la Villa de Pury, et ce jusqu’en 2012, année du démontage des salles en vue de la restauration du bâtiment.

A partir du milieu du 20e siècle, hormis quelques dons de particuliers, l’acquisition d’antiquités égyptiennes est interrompue. La collection compte désormais 575 objets et s’inscrit parmi les plus importantes de Suisse.

ASIE

L’origine des fonds de cette partie du monde est ancienne et suit les canons de l’orientalisme qui s’épanouit au tournant du XXe siècle. Même si des pièces contemporaines les complètent, Neuchâtel n’a jamais vraiment développé une politique d’acquisition dans ce domaine. Pourtant ce continent immense et difficile à découper n’a jamais cessé d’exercer une étrange fascination.

Dans leur ensemble, les collections représentent près de 7’000 objets qui peuvent être répartis selon six zones: Proche-Orient, Asie méridionale, Asie du Sud-Est, Extrême-Orient, Asie centrale (cette dernière comprenant une importante collection du Bhoutan). Les pièces d’Asie septentrionale, en revanche, sont très peu nombreuses.

La collection iconographique rassemblée par Aimé Humbert, ministre plénipotentiaire qui a conclu avec le Japon un traité de Commerce et d’Amitié le 6 février 1864, vient compléter le corpus d’objets asiatiques. Formé de quelques 2’500 images et 141 photographies, cet important fonds a servi à rédiger et à illustrer les récits du diplomate publiés chez Hachette dans les deux tomes du Japon illustré (1870).

OCÉANIE

Sans rivaliser en qua­ntité avec les celles de Bâle, de Genève ou d’ailleurs en Suisse, les collections océaniennes du Musée d’ethnographie de Neuchâtel méritent l’attention.

Certains personnages illustres, en particulier Maurice Leenhardt, missionnaire à Houaïlou, ou Philadelphe Delord, son confrère à Maré, ont fourni au Musée de nombreux objets.

Avant la première guerre mondiale, André Krajewski, un riche Franco-Polonais, rapporte une belle collection de sa croisière dans le Pacifique. L’essentiel de cette collection (principalement des objets des Iles Marquises), fut présenté en 1914 à Neuchâtel à l’occasion du premier «Congrès International d’Ethnologie et d’Ethnographie» et y demeura, pour être ensuite partiellement dispersé en 1921, faute de moyens financiers pour acquérir la collection dans sa totalité. [Des pièces furent vendues à Genève, à Bâle ainsi qu’à W. O. Oldman.] Il est probable que l’initiative de cette présentation en revient à Arnold Van Gennep et que la célèbre bitte d’amarrage marquisienne du Musée d’ethnographie de Genève (MEG inv. 8937) est issue de ce lot.

D’autres prestigieux spécimens ont rejoint les collections océaniennes du Musée d’ethnographie de Neuchâtel, tels les objets rapporté par W.O. Oldmann à Londres, Arthur Johannes Speyer, etnographe à Berlin, les Bâlois Paul Wirz et Gustav Schneider, ainsi que le Révérent Père Georg Höltker, qui rapporta en 1942 du matériel des Bismarck-Gebirge de Nouvelle-Guinée recueilli durant son voyage d’études en 1936-39.

PHOTOGRAPHIES ANCIENNES

Au XIXe siècle, quelques photographies ont pu accompagner des objets et, à en juger par leur degré d’effacement, les suivre dans les vitrines. Tout au début du suivant, alors que le Musée d’ethnographie de Neuchâtel s’apprête à occuper son propre bâtiment et à disposer de son propre budget, est prise une initiative unique: l’achat au Père Henri L. Trilles de 12 agrandissements concernant le Congo français d’alors. La démarche reste sans lendemain et le conservateur Charles Knapp ne recueille qu’une poignée de clichés.

De par sa formation artistique, mais aussi par suite des développements technologiques qui facilitent la photo, Théodore Delachaux, son successeur, est plus ouvert à l’image. Il accepte de la sorte l’énorme dossier iconographique du professeur Arthur Dubied qui comprend jusqu’à des coupures de journaux (mais aussi des portraits de Barrak). Mais les enrichissements demeurent occasionnels. Delachaux y contribuera pourtant massivement lui-même par le bon millier de prises de vues 6 x 6 qu’il rapportera de la IIe Mission scientifique suisse en Angola (MSSA 1932-33).

Cet ensemble ne sera complété de sa contrepartie 24 x 36 due à Charles Emile Thiébaud qu’en 1992. Des deux séries existe un choix de tirages de qualité. Avant la guerre, quelques photos anciennes de Gustave Schneider seront également précieusement engrangées.

Avec Jean Gabus, la photo conquiert définitivement sa place mais l’archivage ne suit pas. Les documents rares des Inuits (1938-39) restés sa propriété jusqu’à son décès sont malheureusement souvent sans légendes et se trouvent mélangés avec ceux des Lapons. Ceux de la «mission Goundam» de 1942 ont pu être situés mais ceux des 12 autres missions africaines du Musée, qui ont suivi, présentent aussi de semblables difficultés d’exploitation.

Le don en 1950 du matériel préparatoire pour Le Japon illustré d’Aimé Humbert qui avait été préservé en grande partie a fait rentrer en même temps une bonne centaine de photos des années 1860 dont des panoramas et des œuvres notamment du célèbre Felice A. Beato. Par la suite, quelques albums anciens viennent documenter des fonds d’objets, surtout africains, mais leur traitement n’est pas systématique.

Dans les années quatre-vingt, un lot datant de soixante ans accompagne le don de Mme Gabrielle Gediking-Ferrand, recoupant parfois le fonds Gustav Schneider fils.

INSTRUMENTS DE MUSIQUE

La collection d’instruments du Musée d’ethnographie de Neuchâtel regroupe quelques de 1500 objets. Une majorité (900) provient d’Afrique, reflétant ainsi l’orientation générale du patrimoine conservé dans l’institution.

Toutes les catégories organologiques sont représentées, avec une nette prédominance d’idiophones africains: cloches, hochets, sonnailles, sanza, xylophones,…

L’instrument non européen le plus ancien est un xylophone chopi (type timbila), acquis au Cap par le Général Charles Daniel de Meuron à la fin du XVIIIe siècle.

Jusqu’au années 1930, les instruments de musique n’ont pas fait l’objet de collectes systématiques, à part un ensemble de flûtes kabyles rapportées par Arnold Van Gennep en 1913. Il faut attendre la seconde Mission scientifique suisse en Angola (1932-1933) menée par Théodore Delachaux, pour que soient constituées de véritables séries raisonnées, documentées et en état de jeu, telles que la cinquantaine de lamellophones citanzi cokwe formant la base de la collection des sanza (cf. F. Borel, Collection d’instruments de musique: les sanza. MEN: 1986).

En 1954, grâce aux relations privilégiées entre Zygmunt Estreicher (1917-1993, ethnomusicologue alors attaché au MEN) et André Schaeffner (1895-1980, son homologue au Musée de l’Homme), le MEN acquiert la collection Bardout, riche de 410 instruments de toutes les provenances, notamment des colonies françaises d’Afrique et d’Asie. Elle comporte un grand nombre de cordophones dont une trentaine de harpes kundi (Afrique centrale) parmi lesquelles figurent certains exemplaires très rares, comme par exemple le modèle nzakara ci-contre.

Les instruments de musique des pays sahéliens (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso) sont bien représentés au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, grâce aux nombreuses missions de recherche entreprises par Jean Gabus entre 1947 et 1976. Ces recherches ont été poursuivies par Ernst Lichtenhahn et François Borel jusqu’à aujourd’hui.

A noter la présence d’une centaine d’instruments de musique populaire européens, dont la plupart datent du XIXe. Parmi eux, une crécelle métallique de l’époque de Louis XIII, utilisée par les lépreux.

FILMS

Le Musée d’ethnographie de Neuchâtel possède une collection de films liés principalement aux missions conduites par Jean Gabus de 1938 à 1978. Pour des raisons de conservation, cette collection est actuellement déposée au département audiovisuel (DAV) de la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds et les copies ne peuvent être consultées par des chercheurs que sur demande.


Musée d’ethnographie de Neuchâtel

Le Musée est ouvert du
mardi au dimanche de 10h à 17h
y compris durant les jours fériés.
Fermé le lundi.

Entrée libre le mercredi.

Au Musée d’ethnographie de Neuchâtel, les photographies sans flash sont autorisées.
Vestiaire obligatoire pour les sacs, sacs à dos, parapluies, valises et serviettes.

Les poussettes ne sont pas autorisées dans les espaces d’exposition.

Une plateforme et des ascenseurs assurent l’accès à l’exposition aux personnes à mobilité réduite.

L’ATELIER DES MUSÉES

L’Atelier des musées vise à promouvoir les activités culturelles et éducatives dans les trois musées de la ville de Neuchâtel.

Il organise des ateliers thématiques, des visites commentées et propose des animations privées.

Le secrétariat de l’Atelier est ouvert les matins, du mardi au vendredi, de 8h30 à 11h45.

Musée d’ethnographie de Neuchâtel

www.men.ch

Rue St-Nicolas 4, 2000 Neuchâtel, Suisse

+41 32 717 85 60

 


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